Très redoutées par la majorité en raison de leur caractère imprévisible, les maladies contagieuses revêtent plusieurs formes. Résolument dues à la présence, la croissance et la multiplication chez l’homme de micro-organismes divers et variés, les maladies contagieuses se transmettent plus ou moins rapidement d’une personne à l’autre (transmission interhumaine) par contact direct ou indirect. Plusieurs facteurs entretiennent malheureusement la persistance grandissante de la menace que nous voyons en l’expansion constante et en la dissémination incontrôlable des maladies contagieuses.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) : « la mauvaise utilisation des antimicrobiens, qu’ils soient surutilisés, mal utilisés ou sous-utilisés représente l’un des facteurs les plus importants ».

L’émergence de nouvelles maladies infectieuses et la réémergence de maladies contagieuses plus anciennes, associées à la rapidité et à l’intensité accrue des voyages internationaux et du commerce, sont des facteurs qui ont permis de prendre conscience de la facilité avec laquelle les maladies infectieuses peuvent elles aussi traverser les frontières et déjouer les défenses traditionnelles. Parmi tous ces facteurs cités comme responsables de la résurgence des maladies infectieuses, la sous-estimation du danger semble le plus souvent être la cause prédominante. Bien heureusement, face à ce monde microbien en constante évolution, certaines initiatives en cours de développement et d’utilisation promettent des progrès qui bénéficieront de manière permanente à la santé humaine. La convergence de forces multiples (dirigeants nationaux, organisations sanitaires et autres) produit un effet de synergie dont bénéficie manifestement la lutte contre les maladies contagieuses. Sur le plan individuel, collectif ou communautaire, pour accompagner et faciliter les démarches entreprises, il convient en quelques étapes et avec de bonnes habitudes d’agir pour éloigner la plupart des germes et maladies contagieuses. Comment lutter efficacement contre les maladies contagieuses ? Nous faisons le point dans ce dossier santé.

Présentation et reconnaissance des maladies contagieuses


Une approche de définition des maladies contagieuses

Les maladies contagieuses peuvent être définies comme des maladies infectieuses dues à des agents pathogènes (bactériens, viraux ou fongiques) à transmission interhumaine sans vecteur et responsable d’épidémies ou d’épizooties. Une maladie infectieuse désigne l’ensemble des manifestations consécutives à la pénétration, au développement dans un être vivant (l’homme en l’occurrence), de micro-organismes (bactéries, virus, champignons) qui provoquent des lésions tissulaires et donc fonctionnelles en se multipliant et éventuellement en sécrétant des toxines ou en se propageant par voie sanguine (sepsis : bactériémie, virémie ou fongémie).

Quelques types de maladies contagieuses

Les maladies, en fonction de leurs modes de transmissions, se révèlent être plus ou moins contagieuses. En fonction du fait qu’elles soient causées par une infection à un micro-organisme, on distingue :

  • les maladies infectieuses contagieuses virales contre lesquelles les antibiotiques n’ont aucune action. Les virus sont ainsi responsables de maladies contagieuses comme la grippe, les rhumes, la varicelle, les gastro-entérites ;
  • les maladies infectieuses contagieuses bactériennes que l’on peut combattre à l’aide d’antibiotiques. Les bactéries (procaryotes) sont à l’origine de maladies infectieuses contagieuses. C’est le cas, par exemple, des bactéries du complexe Mycobacterium tuberculosis, responsables de la tuberculose, ou des méningocoques à l’origine des méningites à méningocoques, ou encore des streptocoques responsables notamment de la scarlatine, de l’angine érythémateuse à streptocoque.

Il convient en outre de rappeler que toutes les maladies contagieuses ne le sont pas au même degré ; certaines le sont tout simplement plus que d’autres. Cela étant, on retrouve parmi les maladies les plus contagieuses la rhinopharyngite, la grippe, la varicelle, le CMV ou cytomégalovirus et l’angine à streptocoques (pour ne citer que celles-là).

Existe-t-il une différence entre maladies contagieuse et transmissible ?

Cela pourrait apparaître comme un détail insignifiant, mais il demeure important de mettre en avant la nuance indéniable entre les termes maladie contagieuse (infectieuse) et maladie transmissible (contaminante). Le terme contagieux désigne un phénomène pathologique (qui se solde par une maladie) transmissible entre les êtres humains. Le mot contamination par contre désigne simplement l’envahissement d’une surface par des micro-organismes. Ainsi, suite à une contamination on assiste ou pas à la pénétration de ces micro-organismes à l’intérieur de l’organisme si ce dernier se prête à leur multiplication et à leur développement. C’est la raison pour laquelle les termes maladie contagieuse et maladie transmissible ne doivent pas être considérés comme synonymes. Toutes les maladies contagieuses sont transmissibles lorsque la contamination est suivie d’une infection, mais toutes les maladies transmissibles ne peuvent être contagieuses.

Modes transmissions des maladies contagieuses

Les maladies contagieuses sont dues aux virus, bactéries, champignons ou autres. Selon les germes, elles peuvent se transmettre par la salive, les sécrétions rhino-pharyngées, le crachat, les urines, les lésions cutanées ou muqueuses, le sang ou les sécrétions sexuelles. Les voies d’entrée par lesquelles les agents pathogènes peuvent pénétrer l’organisme sont les voies respiratoires, les voies intraveineuses, les voies orales, les voies sexuelles, les voies cutanées, etc. Par ailleurs, la transmission peut être directe ou indirecte. Les maladies contagieuses peuvent ainsi se transmettre directement au travers des gouttelettes de pflügge (gouttelettes contenues dans la toux et les éternuements) ou par contact physique direct. Ce cas-ci peut être observé entre humains (coqueluche, varicelle) ou de l’animal à l’homme (rage par exemple). Ces maladies peuvent également se transmettre indirectement par les urines ou les selles, les vêtements, les objets partagés, l’eau, l’alimentation contaminée…

Modalités de protection contre les maladies contagieuses

Pour une protection efficace et efficiente contre les maladies contagieuses, l’action de promotion de la santé, de prévention des malades ou d’éducation à la santé se doit d’être automatiquement déclenchée par ou avec des professionnels. Une participation active de la personne (individuelle) ou du groupe (collective) est par ailleurs recherchée face à cette menace grandissante que représentent les maladies contagieuses. Il importe énormément de notifier que la prévention demeure la meilleure des protections contre les maladies contagieuses. Ainsi donc, l’adage « mieux vaut prévenir que guérir » est de mise. Par ailleurs, pour être plus discriminant en termes de protection contre les maladies contagieuses, il est primordial de faire remarquer que si la prévention reste le meilleur moyen de protection contre ces affections, et bien, c’est essentiellement grâce à son type primaire. En outre, les mesures préventives peuvent consister en une intervention médicale, un contrôle de l’environnement, des mesures législatives, financières ou comportementales, des pressions politiques ou de l’éducation pour la santé.

L’éducation à la santé

Une éducation de qualité représente la base, les fondements de la santé et du bien-être. Pour pouvoir mener une vie productive en bonne santé, chacun doit nécessairement posséder les connaissances minimales nécessaires à sa protection et à la prévention de la maladie et des pathologies (surtout celles qui s’avèrent être contagieuses. L’éducation est à proprement parler un catalyseur du développement et une intervention sanitaire). Comme le confirme la Déclaration d’Incheon 2015, l’éducation développe les connaissances, les valeurs et les attitudes permettant aux citoyens de mener une vie pleine en bonne santé, de prendre des décisions éclairées et de réagir efficacement face aux défis locaux et mondiaux en termes de santé.

La prévention

Lorsqu’elle est employée dans le domaine de la santé, la notion de prévention devient complexe et se définit sous différents aspects. La prévention décrit l’ensemble des actions, des attitudes et comportements qui tendent à éviter la survenue de maladies ou de traumatismes ou à maintenir et à améliorer la santé. En effet, la prévention désigne l’ensemble des actions qui visent à réduire l’impact des déterminants des maladies ou des problèmes de santé, à arrêter leur progression ou à limiter leurs conséquences. Il convient cependant de distinguer les quatre essentielles formes de prévention :

  • la prévention dite de protection, qui est avant tout une prévention contre des agents microbiens ou des risques identifiés ;
  • la prévention dite positive, voire universelle, du sujet ou de la population sans référence à un risque précis, qui renvoie à l’idée de promotion de la santé ;
  • la prévention dite sélective, qui s’exerce en direction de sous-groupes de population spécifique : jeunes, femmes, etc. La promotion de l’activité physique ou la contraception constituent des exemples d’actions de prévention sélective ;
  • la prévention dite ciblée, qui est non seulement fonction de sous-groupes de la population, mais également et surtout fonction de l’existence de facteurs de risque spécifiques à cette partie bien identifiée de la population.

Selon l’OMS, « la prévention est l’ensemble des mesures visant à éviter ou réduire le nombre et la gravité des maladies, des accidents et des handicaps ».

On identifie de même :

  • la prévention primaire : l’ensemble des actes qui visent à diminuer l’incidence d’une maladie dans la population et donc réduire autant que faire se peut les risques d’apparition de nouveaux cas ;
  • la prévention secondaire : qui consiste à diminuer la prévalence d’une maladie dans une population. Ce stade recouvre les actes destinés à agir au tout début de l’apparition du trouble ou de la pathologie afin de s’opposer à son évolution ou encore pour faire disparaître les facteurs de risques ;
  • la prévention tertiaire : qui intervient à un stade où il importe de diminuer la prévalence des incapacités chroniques ou des récidives dans une population et de réduire les complications, invalidités ou rechutes consécutives à la maladie.

Prévention primaire : réduction de l’incidence des maladies contagieuses

Les techniques de prévention primaires regroupent les actions qui visent la réduction de la fréquence d’une maladie notamment contagieuse au sein d’une population saine, par la diminution des causes et des facteurs de risque. Sont par conséquent pris en compte à ce stade de la prévention, les conduites individuelles à risque, comme les risques en terme environnementaux ou sociétaux. Le schéma de prévention ainsi décrit permet de visualiser comment éviter la transmission des maladies contagieuses. Pour cela, il suffit de respecter quelques règles pour limiter les risques.

L’hygiène des mains

Bien se laver les mains constitue l’un des principaux gestes de santé qui permettent la protection contre les maladies infectieuses, contagieuses. En effet, non lavées, les mains transportent de nombreux virus, bactéries ou éléments toxiques qui voyagent entre les w.c., les produits chimiques, les téléphones, les poignées de porte et les bols d’amuse-gueule… Ces germes qui logent au niveau des mains peuvent entraîner aussi bien des maladies bénignes que des maladies sévères et fortement délétères. Il est important de savoir quand et comment bien se laver les mains. Il est recommandé de se laver les mains autant que faire se peut, chaque fois et toutes les fois que l’occasion se présentera. Cependant il existe un certain nombre d’éléments pour lesquels il est impératif de se laver les mains, avant et/ou après. Il est donc à retenir que nous devons impérativement nous laver les mains :

  • avant et après être allé aux toilettes ;
  • lorsque nous faisons la cuisine ;
  • lorsque nous touchons des aliments crus ;
  • avant et après avoir rempli le réfrigérateur ;
  • avant et après être passé à table, surtout si nous sommes amenés à manger avec les doigts ;
  • lorsque nous changeons les couches de bébé ;
  • avant et après avoir touché une plaie ou réalisé un pansement ;
  • avant et après avoir rendu visite à un malade ;
  • avant et après avoir utilisé des gants ;
  • après s’être mouché ;
  • après avoir éternué ;
  • après avoir procédé à quelque nettoyage.

Pour un lavage des mains correct, nous avons nécessairement besoin d’eau tiède de préférence, de savon, de mouchoir en papier jetable ou de serviette de toilettes propres et d’ôter tous les bijoux de la main (bagues et bracelets). Le lavage des mains se fait alors comme suit :

  • mouiller la main et frotter, puis appliquer le savon ;
  • frotter les mains pendant au moins 20 secondes afin que le savon mousse ;
  • enlever les montres, les bracelets et les bagues ou frotter en dessous ;
  • si les ongles sont sales, utiliser une bosse pour les nettoyer (notez qu’il est beaucoup mieux de les maintenir cours) ;
  • rincer les mains avec de l’eau coulant directement du robinet ;
  • sécher les mains avec un mouchoir ou une serviette propre ;
  • ne toucher à rien après s’être lavé les mains, utiliser un mouchoir pour fermer le robinet et ouvrir la porte ;
  • appliquer éventuellement du gel hydro alcoolique.

L’hygiène alimentaire

Certains agents pathogènes d’origine alimentaires infectent le corps après ingestion des aliments souillés. Il est pour cela vital de correctement préparer et conserver tout ce qui se prête à la consommation. Pour ce faire, il est important de respecter toutes les mesures d’hygiène et de nettoyer régulièrement le plan de travail qui devra être maintenu sec. Les aliments crus doivent être bien cuits avant d’être consommés. La conservation sous vide doit être préférée à toutes les autres.

L’hygiène de la toux

Lors d’un effort de toux ou d’éternuement, les micro-organismes sont libérés dans l’air par aérosol et se propagent par voies aériennes pour infecter les sujets sains. L’hygiène de la toux représente l’ensemble des mesures prises pour limiter la libération dans l’air de ces agents pathogènes. Cette hygiène de la toux consiste à :

  • mettre un mouchoir devant la bouche à chaque fois que l’on tousse ou éternue ;
  • éventuellement, porter un masque qui couvre la bouche et le nez ;
  • en absence de masque ou de mouchoir, tousser et/ou éternuer dans le pli du coude ;
  • toujours se laver les mains à l’eau et au savon après tout effort de toux ou tout éternuement…

La vaccination

Les vaccins sont une mesure préventive utilisée pour prévenir ou combattre les maladies causées par des infectieux. Ils agissent en sensibilisant l’organisme ou en stimulant une réaction immunitaire adaptative contre un agent microbien spécifique. Ce faisant en cas d’infection, le système immunitaire se défend plus rapidement et de manière plus efficace, empêchant ainsi le plus souvent l’installation de la maladie.

La protection sexuelle

Se protéger durant les rapports sexuels est incontournable dans la protection contre les maladies contagieuses. En effet, les Infections Sexuellement Transmissibles (IST) se propagent quand les sécrétions du corps entrent en contact avec les parties génitales, la bouche ou les yeux. Il convient donc de se protéger en utilisant des préservatifs et/ou autres moyens de contraception, d’identifier et éviter les partenaires à risque et de se faire dépister les IST avant et après avoir eu des rapports avec un nouveau partenaire.

Les précautions quotidiennes : éviter les comportements à risque

Le quotidien, c’est lui qui détermine ou non l’efficacité des mesures de protection mises en place pour la protection et la lutte contre la propagation des maladies contagieuses. Il est en effet possible de réduire ou de freiner la propagation des infections en observant certaines actions quotidiennes, entre autres :

  • se mettre à jour par rapport à tous les vaccins ;
  • s’assurer une bonne hygiène des mains, de la toux, de la défécation et de l’alimentation ;
  • rester à la maison lorsque l’on est malade ;
  • éviter de se toucher les yeux, le nez ou la bouche ;
  • éviter de partager des tasses, verres, assiettes et autres ustensiles ;
  • éviter de partager les objets personnels, intimes (brosse à dents, éponges, serviettes de douche, sex-toys…) ;
  • utiliser des gants de qualité pour la manipulation d’objets identifiés comme souillés…

Les mesures de précaution au boulot

Le lieu de travail aussi professionnel soit-il et quoi qu’on en dise, représente l’un des lieux à forte propagation des maladies contagieuses. Pour se protéger soit même, protéger ses collègues et clients, il est important lorsque l’on est atteint d’une maladie contagieuse, de respecter judicieusement les différentes mesures d’hygiène, d’éviter de se restaurer devant son poste de travail, mais plutôt à la cantine et dans le cas échéant, d’opter pour le télétravail (travail à distance). Les entreprises se doivent également de contribuer à la prévention de la propagation des maladies contagieuses en prenant des mesures efficaces comme :

  • fournir un milieu de travail propre et adapter ;
  • encourager et veiller au respect des règles d’hygiènes ;
  • assurer le bon fonctionnement des systèmes de ventilation ;
  • fournir des installations propres et adaptées au lavage des mains et/ou des solutions à base d’alcool, le cas échéant avec des boites de mouchoirs.

Les mesures de précaution en cas de voyage

Il est important d’être vigilant durant les voyages puisque les risques d’infection se multiplient lorsque l’on va au contact de personnes. Pour arriver à maintenir les infections à carreau, il est nécessaire de mettre ses vaccins à jour et de respecter les règles d’hygiènes avec minutie.

L’éloignement social ou auto-isolement

C’est une stratégie qui consiste à éviter, dans la mesure du possible, les endroits bondés, les lieux de rassemblement ou les contacts étroits avec des groupes de personnes : ces situations permettent aux virus de se propager aisément d’une personne à une autre. Il est généralement possible de freiner la propagation d’une maladie contagieuse en maintenant une distance d’au moins un mètre (3 pieds) entre les gens. Toutefois, plus grande est la distance, plus efficace est la stratégie.

Prévention secondaire : identification et traitement précoce des maladies contagieuses

Le concept de la prévention secondaire consiste à identifier la maladie (le type d’infection) à son stade le plus précoce et à appliquer un traitement rapide et efficace pour en circonscrire les conséquences. Pour une prévention secondaire efficiente, il est impératif lors de l’apparition des prodromes (signes avant-coureurs : fièvre, céphalées, nausées, vomissements, douleurs, asthénie…) de consulter dans les plus brefs délais son médecin.

Prévention tertiaire : réduction de la progression et traitement des complications des maladies contagieuses

Cette catégorie d’actions consiste en mesures destinées à réduire les incapacités, les invalidités et les inconvénients et à améliorer la qualité de vie. La prévention tertiaire constitue un aspect important des soins médicaux et de réhabilitation.

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