Savez-vous qu’il est possible de percevoir une rémunération en aidant ses proches ? Effectivement, le temps alloué à l’aide des personnes âgées et des personnes ayant un handicap peuvent contraindre l’activité principale. Certains proches de la personne réduisent même leur temps de travail au bureau pour pouvoir s’occuper d’eux. Comment se fait la rémunération de cet aidant familial ?

Un aidant salarié : C’est quoi et qui peut le faire ?

Un salarié aidant familial est une personne qui aide un proche âgé, malade ou handicapé. Ce dernier possède souvent une perte d’autonomie, le poussant à recourir à une présence constante pour les tâches quotidiennes . On peut citer le ménage, la toilette, l’hygiène, la nourriture, etc. Il peut faire appel à des services d’aide à domicile, comme une infirmière ou une équipe socio-médicale. Mais il peut également solliciter l’aide de ses proches pour sa dépendance.

Faire appel à un aidant familial s’avère être plus avantageux, et cela sur différents points. Pour la personne à aider, un aidant familial offre un meilleur confort et confère moins de gêne sur les actions intimes. Il n’y aura pas vraiment de honte à l’appeler pour aller aux toilettes par exemple. Par ailleurs, il est possible de se convenir sur le salaire à donner, car les deux personnes se connaissent mutuellement.

Mais qui peut devenir aidant familial ? La famille de la personne en difficulté d’autonomie peut devenir aidant salarié. Il peut s’agir, par exemple, de son frère, sa sœur, son enfant, l’un de ses petits-enfants, son neveu, sa nièce, etc. Les seules personnes qui ne peuvent pas obtenir ce statut, ce sont les partenaires et les conjoints. En effet, par les liens du mariage, ils sont destinés à s’aider mutuellement.

Un proche aidant peut être rémunéré par l’aidé s’il devient salarié aidant. Ce statut n’est pas officiellement reconnu. Aux yeux de la loi, les aidants familiaux salariés sont considérés comme des salariés exerçant un travail auprès d’un particulier employeur. Il pourra alors bénéficier de ces droits : congés payés, assurance retraite, sécurité sociale, cotisation chômage…

Quelle est la rémunération d’un aidant familial salarié

La rémunération d’un aidant salarié peut se faire de différentes façons. Elle peut être considérée comme une compensation ou un dédommagement.

Qui se charge de rémunérer l’aidant salarié ?

Le paiement de l’aidant salarié va dépendre de la situation de la personne à aider.

En premier lieu, il y a le cas pour un bénéficiaire de l’APA et du PCH. L’APA ou allocation personnalisée d’autonomie est une aide financière sociale professionnelle pour les personnes âgées de plus de 60 ans. La somme reçue à l’issue de cette aide va permettre à la personne de rémunérer son proche à titre de soignant à domicile. Dans ce cas-là, la personne âgée doit justifier son versement à l’APA à travers un contrat qui mentionne le nombre d’heures et la rémunération. La même procédure est appliquée pour une personne qui bénéficie du PCH, mais sous certaines conditions.

En second lieu, il se peut que la personne ne soit ni bénéficiaire de l’APA ni du PCH. Dans ce cas de figure, il va devenir un simple employeur et rémunère son proche avec ses propres moyens. Toutefois, il doit se déclarer en tant qu’employeur et suivre les procédures normales en tant que telles. L’aidant salarié devient ainsi un aide-soignant à domicile comme tant d’autres.

Quel est le montant du salaire d’un aidant familial ?

Légalement, le montant perçu par les aidants familiaux doit être supérieur ou égal au SMIC par heure. Il peut varier chaque année en fonction de la valorisation faite par le gouvernement. Mais ce sera le montant minimum à percevoir. Actuellement, en 2022, ce montant est de 14.33 euros brut. Mais il peut varier en fonction des prestations de l’employeur.

Néanmoins, le proche aidant peut aussi recevoir un surplus de salaire selon le montant reçu de l’aide financière de la personne âgée. Cette dernière peut aussi augmenter son salaire en fonction de son emploi et de ses tâches, à titre d’employeur.

Dans le cadre d’un statut légal, l’aidant salarié ne doit travailler que 10 heures par jour ou 48 heures par semaine. Une majoration en heure supplémentaire sera possible au-delà de cela.

Quelles sont les démarches à suivre pour être payé en tant qu’aidant salarié

Pour qu’un aidant salarié puisse percevoir une rémunération dans le cadre social, il faut que la personne dépendante possède le statut à cet effet. Pour cela, il doit être légalisé en tant que particulier-employeur.

En premier lieu, il doit d’abord souscrire à l’APA ou au PCH si ce n’est pas encore fait. C’est une étape facultative selon ses choix, mais une aide financière n’est jamais de refus. Par la suite, il doit faire une déclaration auprès de l’URSSAF pour avoir le statut d’employeur. C’est à partir de là qu’il a le droit de commencer à avoir un aidant familial.

En parallèle, l’aidant familial doit aussi faire une déclaration d’embauche sur le site du CESU afin de valider son statut. Il pourra ainsi recevoir les congés, les couvertures de santé, ainsi que les autres droits d’un salarié. Une fois embauché, son employeur doit faire connaître le salaire exact auprès de l’APA.

Quelles sont les différentes formes d’aides pour l’aidant salarié ?

Outre le salaire donné par la personne dépendante, il existe également des aides financières pour les aidants familiaux, afin de pallier à leur temps et à leur revenu.

  • L’AJPA

L’AJPA ou l’Allocation journalière pour le proche aidant est un dispositif mis en place pour les aidants familiaux. Depuis quelques années, son principe a été revu pour s’étendre auprès des proches aidants qui n’ont pas de lien de parenté direct avec la personne aidée. En effet, le statut d’aidant familial n’ayant pas encore de légalité prononcée, les services d’aides à domicile peuvent être considérés comme cela.

C’est la CAF ou la Mutuelle Sociale Agricole qui se charge de délivrer les allocations de la personne aidante bénéficiant de l’AJPA. La condition pour en bénéficier, c’est que le proche aidant ait dû réduire son temps de travail professionnel pour pouvoir s’occuper de la personne dépendante.

Le montant actuel de l’AJPA est de 58,59 euros par jour, et son nombre ne peut pas dépasser 22 pour un même mois. En effet, c’est un système d’aide de l’organisme dont il ne faut pas abuser. D’ailleurs, il est limité dans le temps, et cela, en fonction de la situation de l’aidant et celle de l’aidé.

  • L’aide au répit

C’est un droit au répit pour les aidants familiaux, qui ont besoin d’un peu de repos chaque année pour leur accompagnement. En effet, il y a des personnes âgées qui ont besoin d’une assistance constante. Ce qui fait qu’elles accaparent tous les temps libres de son proche aidant. Cette aide s’élève à 500 euros par an, et permet de donner un moment de pause au proche aidant.

Cette somme va ainsi permettre au proche aidant d’engager une personne tierce pour prendre le relais dans l’assistance de la personne dépendante. Cela peut être quelques jours ou quelques mois par an, selon la volonté de la famille. Le montant peut également être utilisé pour envoyer temporairement la personne dans un établissement collectif pour senior ou pour handicapé, en fonction de sa situation.

Il est tout de même à noter qu’il faut remplir certaines conditions pour bénéficier de cette aide au répit. Tout d’abord, la personne aidée doit être souscrite à l’APA ou au PCH. Ensuite, la personne aidante doit subvenir à la vie quotidienne de la personne aidée tout au long de sa vie à domicile. Et le montant reçu ne peut être utilisé pour remplacer définitivement le proche aidant par un autre service d’aide.

  • La téléassistance

La téléassistance est un système encore inédit qui facilite la vie des aidants familiaux. En effet, les personnes dépendantes demandent souvent une surveillance constante, en fonction de leur santé. Certains doivent même être assistés 24h/24, alors que les proches n’ont pas les moyens ni le cœur à l’envoyer dans une maison de retraite.

Pour cela, ils peuvent recourir à la téléassistance. C’est un dispositif qui permet de prévenir le proche aidant en cas de problème pour la personne aidée : chute, maladie soudaine, un appel urgent, etc.

Il existe plusieurs organismes qui proposent ce système d’aide, mais les conditions peuvent varier d’un établissement à un autre. Pour en savoir plus, il vaut mieux se renseigner au préalable. Les montants des allocations peuvent être utilisés par les aidants dans la mise en place de la téléassistance.

  • Le dédommagement du PCH

Le PCH est un moyen de financement pour la personne aidée qui n’a pas de revenu pour payer son proche aidant. Calculé sur la base du SMIC net par heure, le montant sera attribué au proche aidant en fonction de son profil : si le statut d’aidant familial est une seconde activité ou s’il a abandonné sa carrière principale pour aider son proche.

  • Les aides de l’état

Outre ces aides courantes que l’on connaît, l’État peut aussi apporter son aide auprès des personnes aidantes. Cela peut se faire au niveau fiscal, pour les droits ou pour les allocations sociales. Pour en savoir plus, il est impératif de se renseigner auprès de la mairie du quartier pour voir les formes d’aides aux proches aidants.