Les Français ont de plus en plus la main verte. Jardins, balcons et terrasses ont acquis le statut de pièce à vivre digne de toutes nos attentions. Comment jardiner de manière écologique ? Conseils pratiques, dernières tendances, outillage durable…
C’est un véritable plébiscite : près de neuf Français sur dix se disent adeptes du jardinage (1). Cet engouement tient-il au fait que plus des trois quarts de nos compatriotes vivent en ville ? Ou alors à une envie de vert comme réponse à l’urbanisation croissante des campagnes ? Une chose est sûre : c’est un mouvement de fond allant bien au-delà du simple phénomène de mode. Sans compter que l’on dépense beaucoup pour entretenir et embellir son jardin. Selon le distributeur Jardiland, le panier moyen s’élève à 45 euros, sachant que les adeptes se rendent huit fois par an dans leur jardinerie préférée, les acharnés allant jusqu’à 27 fois ! (2)
Retour en grâce du potager
Souci de s’approvisionner à moindre coût, intérêt pour le développement durable mais aussi qualité gustative retrouvée, sans oublier le volet ludique de la chose… Voici quelques-unes des raisons qui poussent à cultiver soi-même fruits, légumes et autres herbes aromatiques. Les Français sont 30 % à entretenir déjà un potager, mais 51 % disent vouloir le faire dans l’année qui vient, selon une étude publiée par Lightspeed Research. Pour les novices, il est recommandé de commencer par les aromatiques. « Ce sont des plantes qui se débrouillent quasiment toutes seules, raconte Brigitte Lapouge-Déjean, coauteur de « Créer son jardin d’aromatiques bio ». Elles ont besoin de très peu d’eau et se défendent elles-mêmes face à la plupart des maladies ou des insectes. L’étape la plus sensible, c’est la cueillette. Il faut les cueillir au bon moment et régulièrement pour qu’elles soient goûteuses en cuisine. »
Autre tendance : on jardine partout, même sur des surfaces très restreintes. D’où la floraison en magasin de produits pour créer des jardins dits verticaux. On peut désormais s’offrir un mini-potager sur son balcon, il en existe même des versions murales. Il vous suffit d’adapter les plantes à la taille de votre terrasse et au poids qu’elle peut supporter.
Les jardineries passent au bio
« Depuis quelques années, les jardiniers amateurs se posent énormément de questions sur les effets des pesticides et des insecticides sur la santé et l’environnement, explique Alexandre Pette, du magasin Botanic de Suresnes. Pour convaincre les plus réticents des bienfaits des produits naturels, il faut leur expliquer comment bien les utiliser. Pour les mauvaises herbes, par exemple, une solution biologique agit en prévention, pas quand le jardin est déjà envahi ! » Le purin de plantes, le fumier de cheval, les cendres, le phosphate naturel… Voilà autant d’engrais nature qui remplacent efficacement les produits chimiques. Le purin d’ortie, par exemple, est un très bon engrais vert qui s’attaque aux pucerons et parasites du potager. Il s’obtient en mélangeant 1 kg d’orties coupées en morceaux avec 10 litres d’eau (de pluie, de préférence). Après quinze jours de macération, la solution s’utilise diluée au dixième comme fongicide, en la versant sur le sol, ou comme insecticide, en pulvérisation sur les feuilles. Vous trouverez, bien sûr, du purin d’orties prêt à l’emploi en magasin. Les engrais naturels à base d’azote, de phosphore ou de potasse sont également très efficaces pour la croissance des plantes et des fleurs.
Toutes les jardineries sont donc passées au bio, ou presque. Depuis 2009, Truffaut développe une marque baptisée « Plus belle sera la Terre » qui comprend notamment des engrais liquides. KB et Fertiligène aussi ont sorti Carré vert et Naturen, deux gammes qui proposent des engrais, des terreaux et des anti-nuisibles à base d’ingrédients d’origine minérale, végétale et bactérienne. Largement implanté dans l’Est, Botanic a été plus radical. Depuis janvier 2008, les 60 jardineries de l’enseigne ont proscrit la vente d’engrais et pesticides chimiques. La société, née près du lac Léman, a noué un partenariat avec MPS, un organisme de certification néerlandais particulièrement sévère. « Nos fournisseurs de plantes se sont aussi engagés dans une démarche visant à réduire de 30 % l’usage des engrais et pesticides chimiques », se félicite Alexandre Pette.




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